L’île du Docteur Moreau – Herbert George Wells

Résumé : Il a un nom, Edward Prendick, mais l’île sur laquelle il échoue après le naufrage de son bateau n’en a pas. C’est une île des mers du Sud peuplée de créatures étranges, « extraordinairement laides », douces et repoussantes à la fois, qui semblent dominées par un mystérieux personnage, le docteur Moreau.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Pour ceux qui l’ont lu (ou ceux qui aiment le spoil), je vais résumer l’histoire avant de donner mon avis.

L’histoire commence à bord d’un petit canot où Edward Pendrick se meurt. Il est sauvé par Montgomery, un biologiste qui lui explique vivre sur une île qui n’a pas de nom, et sur laquelle le navire est en train d’apporter des animaux. L’homme est accompagné d’un serviteur a l’aspect étrange, que l’équipage craint et maltraite. Le bateau arrive enfin près de l’île sans nom. Le capitaine, qui est également un ivrogne notoire, le chasse. Edward est obligé de se réfugier sur l’île malgré les réticences de Montgomery. Edward rencontre ensuite le docteur Moreau. Son nom lui est familier. Il se souvint d’avoir lu une brochure parlant de lui « Il avait fait connaître, sur la transfusion du sang, certains faits des plus étonnants et, de plus, il s’était acquis une grande réputation par des travaux sur les fermentations morbides.« , il avait ensuite dû quitter l’Angleterre, car ses expériences avaient été jugées inutilement cruelles. Edward fuit ensuite la petite chambre dans laquelle il est logé, indisposé par les hurlements de douleur d’un puma, qu’il imagine est vivisecté. Lors de sa « balade », il rencontre un homme curieux, qui boit en lapant dans la rivière près de laquelle il s’est réfugié. De fil en aiguille, après avoir découvert ce qui ressemblait à une femme torturée dans le laboratoire, puis une fuite et la découverte d’autres êtres particulièrement hideux et étranges, Moreau et Montgomery sont disposés à lui expliquer ce qu’ils font sur cette île. Le docteur Moreau pratique en effet des vivisections sur des animaux, dans le but d’en faire des humains. Il façonne leurs corps, leurs visages, leurs cerveaux et tente de les éduquer. Parfois il mixe les animaux, aussi, il y a sur l’île des créatures humanoïdes faites par exemple d’ours et de loups, ou un taureau rendu humain, des chiens « humanisés » également. Lors d’un accident durant lequel la femelle puma s’échappe, Moreau décède, tué par cet animal qu’il torturait encore quelques heures plus tôt. La tragédie de cette mort réside surtout dans le fait que les créatures créées par le docteur n’étaient dociles que parce qu’elles le craignaient et se pliait aux règles qu’il avait instaurées. Edward tente de reprendre le flambeau et de se placer en « maître » pour se protéger. Montgomery, qui était déjà alcoolique, ne se sentant à sa place ni dans la société et n’ayant plus le Docteur Moreau à ses côtés pour lui donner une raison de rester sur cette île, noie son chagrin dans le cognac et décide de faire boire quelques créatures hybrides. Il mourra à son tour de cette décision, après avoir détruit les embarcations, condamnant son compagnon à rester sur l’île. Edward finit par dresser trois créatures dont un homme-chien, qui deviendra un protecteur dévoué. Il va vivre quelques temps parmi les bêtes, mais celles-ci perdant leur humanité pour retrouver leurs instincts primaires, il retourne se créer un campement dans les ruines du laboratoire. Il arrivera finalement à quitter l’île du Docteur Moreau grâce à une embarcation dans laquelle il trouve deux hommes morts depuis longtemps. Un bateau le récupère au bout de trois jours et le dépose à San Francisco. Malheureusement il ressort traumatisé de cet épisode, craignant les humains, voyant en eux trop de similitudes avec les animaux, il finira sa vie dans un petit village.

Un résumé assez long finalement… Et fermant ce livre je comprends totalement que H. G. Wells soit une référence en science-fiction !

Pour parler des « créatures hybrides », je dois avouer, même si ce n’était pas ce que je recherchais en lisant ce roman, qu’elles ne m’ont pas le moins du monde effrayée parce que malheureusement, je n’arrivais pas du tout à les imaginer. Quand Wells s’attarde sur un détail de leur physique, ça va, mais globalement, je ne voyais pas à quoi ça pouvait ressembler un homme-léopard, ou une femme-loup… Je voyais surtout des corps à la peau proche de celle des humains mais difformes, avec des masques d’animaux. Comme dans les mangas de Yoshiki Tonogai (Doubt et Judge). Et pour les hommes-taureaux, je voyais bien une sorte de minautore. Je me demande s’il s’est inspiré de la mythologie grecque pour cette histoire. Ce qui m’a effrayée par contre, c’est d’imaginer les vivisections et la douleur des animaux. Je déteste cette idée de torturer pour la science.

Et d’ailleurs, cette histoire de science-fiction qui donne des frissons, nous fait nous poser des questions. Notamment sur le côté éthique. Est-ce que c’est légitime de faire souffrir des animaux pour répondre à la question « Qu’est-ce que l’humanité », parce que je pense que c’est la vraie interrogation de ce livre. Wells nous donne une réponse, ou plutôt, en élimine certaines avec son histoire.

En effet, le Docteur Moreau façonne le corps et le cerveau des animaux pour leur donner un aspect humain, il tente de les éduquer ensuite, pourtant leur instinct revient systématiquement. Ils perdent peu à peu l’usage de la parole, se remettent à marcher à quatre pattes, et leur corps se couvre à nouveau de poils. Dans ce cas de figure, pour Wells, l’humanité n’est pas une question de physique, ni de cerveau, bien qu’il soit possible de rendre ses animaux proche des humains pendant un certain temps (il garde quand même certaines habitudes). Au début, nous apprenons que le Docteur Moreau avait également fait des expériences sur le sang, mais, étant donné l’échec des autres expériences, on peut en conclure que Wells a décidé que ce n’était pas plus dans le sang qu’ailleurs. Peut-être est-ce dans l’ADN ?

Je n’ai pas de réponse mais je ne peux que conseiller ce roman qui se lit très facilement et qui cache derrière ce texte une question intéressante. Ou sinon, vous pouvez juste vous poser la question mais ce serait passer à côté d’un classique de la science-fiction. 🤷‍♀️

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne enchanteur », catégorie « Nom d’une dune » (Écologie, anticipation, science-fiction, post-apocalyptique).

Bonne lecture ! Signé C.

Le deuxième sexe – Simone de Beauvoir

Résumé : « Nous commencerons par discuter les points de vue pris sur la femme par la biologie, la psychanalyse, le matérialisme historique. Nous essaierons de montrer ensuite positivement comment la « réalité féminine » s’est constituée, pourquoi la femme a été définie comme l’Autre et quelles en ont été les conséquences du point de vue des hommes. Alors nous décrirons du point de vue des femmes le monde tel qu’il leur est proposé ; et nous pourrons comprendre à quelles difficultés elles se heurtent au moment où, essayant de s’évader de la sphère qui leur a été jusqu’à présent assignée, elles prétendent participer au mitsein humain. » Simone de Beauvoir.

Note personnelle : ★ ★ ☆ ☆ ☆

Avis : J’ai arrêté la lecture au milieu de la seconde partie… Cet essai m’a été présenté comme une sorte de « Bible de la femme », quelque chose qu’il fallait absolument avoir lu dans sa vie. J’admire ceux qui sont allés au bout ! Je ne le trouve absolument pas accessible. Je suppose qu’il n’a pas été écrit dans le but d’avoir un succès fou et je me demande comment il l’a obtenu.

Dans la première partie, que j’ai lu, Simone de Beauvoir parle essentiellement de biologie. Dont la reproduction, les menstruations, les différences physiques entre les hommes et les femmes, et jusque là, on ne peut pas lui donner tort. Ce sont des faits. Sa conclusion est que la femme est physiquement moins forte que l’homme, mais que ce fait n’explique pas pourtant la place actuelle de la femme dans la société. Si j’ai bien compris… Et j’en doute, parce que le temps que je m’assure d’avoir compris correctement une phrase, j’avais oublié la précédente.

Après toute la partie sur la reproduction, où elle dément plusieurs anciennes théories, elle termine sur une conclusion qui me plait bien.

Nous concluons donc que fondamentalement le rôle des deux gamètes est identique ; ils créent ensemble un être vivant dans lequel tous deux se perdent et se dépassent.

Simone de Beauvoir – Le deuxième sexe

Pour ceux qui ne connaitraient pas le mot « gamète », il s’agit des cellules reproductrices mâles ou femelles qui contient un seul chromosome. Pour bien comprendre, le gamète mâle est le spermatozoïde et le gamète femelle est l’ovule.

La suite est intéressante également. Simone de Beauvoir cherche à expliquer pourquoi on ne peut pas définir le mâle comme porteur de spermatozoïdes et la femelle comme porteuse d’ovules, à l’aide d’exemples des types de reproduction, comme celle des papillons, des pucerons, des végétaux, des araignées, des crapauds… Puis elle démontre aussi, que la place de la femme n’est pas à la couizine, en prouvant que l’éducation de la progéniture, si, pour la plupart des mammifères incombe certes à la femelle, ce n’est pas le cas partout. Quoi qu’elle dit également que « nous » (les femmes) sommes plus asservies par « la nature » (par exemple par la grossesse qui dure 9 mois, puis l’allaitement et même le cycle menstruel) que ces messieurs. Ce qui en soit, ne me semble pas faux du tout (même si inexplicablement, ça m’énerve de lui donner raison).

Vient ensuite un passage que j’ai trouvé encore plus violent que le reste. Même si « le reste » est une vision trop sombre de la condition des femmes pour moi (en lisant ça, j’ai l’impression qu’on souffre continuellement, je n’ai même plus envie d’être une femme).

Mais c’est surtout chez les oiseaux et les mammifères qu’il s’impose à elle ; très souvent elle le subit avec indifférence ou même elle lui résiste. Fût-elle provocante, consentante, c’est lui de toute façon qui la prend : elle est prise. Le mot a souvent un sens très précis : soit parce qu’il possède des organes adaptés, soit parce qu’il est le plus fort, le mâle la saisit, l’immobilise ; c’est lui qui effectue activement les mouvements du coït ; chez beaucoup d’insectes, chez les oiseaux et chez les mammifères, il la pénètre. Par là elle apparaît comme une intériorité violée.
[…] Sa domination s’exprime par la posture du coït : chez presque tous les animaux le mâle est sur la femelle. Et sans doute l’organe dont il se sert est matériel lui aussi, mais il se découvre sous son aspect animé : c’est un outil ; tandis que dans cette opération l’organe femelle n’est qu’un réceptacle inerte. Le mâle y dépose sa semence : la femelle la reçoit. Ainsi, bien que jouant dans la procréation un rôle fondamentalement actif, elle subit le coït qui l’aliène à elle-même par la pénétration et la fécondation interne ; bien qu’elle éprouve le besoin sexuel comme un besoin individuel, puisqu’en rut il lui arrive de rechercher le mâle, l’aventure sexuelle est cependant vécue par elle dans l’immédiat comme une histoire intérieure et non comme une relation au monde et à autrui.

Simone de Beauvoir – Le deuxième sexe

Bon, soit, c’est sûrement vrai pour les oiseaux. C’est sûrement vrai pour les humains aussi. Je vais m’arrêter là… La lecture n’était vraiment pas agréable et en temps que femme, je l’ai trouvé déprimante. Je ne peux pas dire que Simone de Beauvoir dit des choses fausses, mais sa vision ne correspond pas du tout à la mienne.

Je crois qu’au final, lorsqu’on ferme le livre en l’ayant lu en entier ou non, on doit arriver à la même conclusion. C’est-à-dire, il n’y a pas de définition de la femme, pas plus que de l’homme, qu’il n’y a pas de raison que la société fasse des différences entre nous, et qu’il faut vivre sa féminité comme on le veut et comme on le peut.

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne enchanteur », catégorie Princesse princesse (Inclusivité, LGBTQI+, féminisme).

Bonne lecture ! Signé C.

Martin Eden – Jack London

Résumé : Martin Eden, un marin de vingt ans issu des quartiers pauvres d’Oakland, décide de se cultiver pour faire la conquête d’une jeune bourgeoise. Il se met à écrire, et devient un auteur à succès. Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. Ce magnifique roman paru en 1909, le plus riche et le plus personnel de l’auteur, raconte la découverte d’une vocation, entre exaltation et mélancolie. Car la réussite de l’œuvre met en péril l’identité de l’écrivain. Comment survivre à la gloire, et l’unir à l’amour, sans se perdre soi-même ? Telle est la quête de Martin Eden, le marin qui désire éperdument la littérature.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ★

Avis : Que ce soit le résumé ou la préface de l’édition Folio Classique, je ne suis complètement d’accord avec ce qu’ils en disent et je vais tâcher de vous expliquer pourquoi dans cet article.

Effectivement, Martin Eden est un jeune homme issu d’un milieu pauvre, qui va rencontrer une jeune femme d’une famille aisée et vouloir se cultiver, puis devenir un auteur à succès pour se sentir digne de l’épouser. Cependant, quand ils disent dans le résumé « Mais l’embourgeoisement ne lui réussit pas… Désabusé, il part pour les îles du Pacifique. », ils laissent sous-entendre qu’on va lire l’histoire de la fuite de la bourgeoisie, ce qui n’est pas le cas. Le roman parle de son envie et de ses sacrifices pour devenir quelqu’un d’important dans le monde de la littérature, pas de sa vie sur une île du Pacifique. Bref, je ne suis pas contente de leur résumé !

Dans la préface, ils expliquent également que Martin va tomber amoureux de Ruth, la jeune fille de bonne famille, puis d’une ouvrière. Et là, non. J’ai attendu pendant tout le roman que l’amour salvateur de cette ouvrière arrive et me débarrasse de Ruth, que je n’appréciais pas… J’imagine qu’il parle de Lizzie Connolly, qui est bien de la même classe que Martin, et dont il va s’occuper à la fin du roman. À aucun moment il n’éprouve de sentiments amoureux pour Lizzie, il la respecte, il respecte l’amour qu’elle a pour lui, il s’en occupe et s’en préoccupe mais il ne l’aime pas. Il l’aurait peut-être aimée s’il n’avait pas rencontré Ruth.

En parlant de ce personnage, que je détestais tant au tout début du roman, laissons Jack London nous la décrire…

C’était une créature pâle, séraphique ; elle avait de grands yeux d’un bleu céleste et une opulente chevelure d’or. Il eût été incapable de dire comment elle était vêtue. Il savait seulement que sa robe était aussi merveilleuse qu’elle. Il la compara à une pâle fleur d’or sur une tige frêle. Non, c’était plutôt un être spirituel, une divinité, une déesse ; une beauté aussi sublime n’était pas de ce monde.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Comment voulez-vous que je puisse apprécier Ruth en lisant cette description ? La fille très banale que je suis ne pouvait qu’exécrer cette créature divine. J’ai donc, dans un premier temps, détesté Ruth, ses manières, sa beauté, l’admiration et l’amour que Martin lui vouait. Probablement, je l’admets, par jalousie. Ruth est tout ce que je ne serais jamais. Forcément, sans pouvoir s’identifier aux personnages, un faussé est creusé entre le lecteur et son livre, ce qui me paraissait inconcevable. Je me suis donc identifiée à Martin Eden, malgré tout j’ai lu en ayant moins de sympathie pour lui, car je le trouvais finalement superficiel. Je l’ai même trouvé antipathique quand il rabaissait ses anciennes conquêtes et les autres filles moins bien nées que Ruth, celles qui s’abîment les mains et le dos au travail pour gagner quelques pièces.

Quant à Ruth… De mon point de vue, c’est une jeune femme élevée loin de la dure réalité du monde, qui tombe face à un homme qui va l’intriguer et la troubler. Si j’ai bien compris, Jack London laisse sous-entendre que cette femme est encore vierge. Et l’intérêt premier qu’elle a pour Martin Eden est très primaire, si on en croit la citation ci-dessous.

Il lui faisait peur et, en même temps il était étrangement plaisant d’être regardée ainsi. Son éducation l’avertissait de l’imminence d’un danger, de la séduction subtile et mystérieuse du péché, tandis que dans son être tout entier son instinct lui claironnait de ne pas s’arrêter aux barrières de classe et de position, et d’aller au-devant de ce voyageur venu d’un autre monde, ce jeune homme frustre aux mains lacérées, au cou marqué à vif d’une ligne rouge causée par le frottement d’un col de chemise inhabituel, et qui, cela n’était que trop évident, était sali et souillé par une vie dégradante. Elle était saine, et sa pureté se révoltait ; mais elle était femme, et elle commençait tout juste à apprendre le paradoxe de la femme.

Martin Eden (1909) – de Jack London

J’imagine donc qu’elle a une attirance qui est en majeure partie sexuelle. Elle va ensuite tenter de le modeler à son image, ou plutôt à l’image de son homme idéal. Elle en devient encore plus détestable à mes yeux. Martin est un jouet entre ses mains, le pire, c’est qu’il semble accepter la situation et même s’en réjouir.

Il redevint aussitôt de l’argile entre ses mains ; il était aussi éperdument désireux d’être modelé par elle qu’elle l’était de le façonner à l’image de son idéal masculin.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Mais plus l’histoire avant, plus Martin ajoute des cordes à son arc, plus Ruth s’efface. Elle qui était un être divin à ses yeux, commence à pâlir. Dans la première partie du roman, il souhaite être à la hauteur pour elle, être aussi cultivé, intelligent, il veut intégrer son monde. Ruth l’aide à sa manière et à l’impression d’effectivement réussir à le faire se plier à ses exigences. Martin va réussir à se sentir à la hauteur intellectuellement, voire même se sentir plus intelligent encore. Et cette sensation va faire s’écrouler ce monde qui lui semblait idyllique. Il ne cesse pas d’aimer Ruth pour autant.

Jamais elle n’aurait deviné qu’à ces moments-là, cet homme venu d’un milieu inférieur la dépassait par la grandeur et la profondeur de ses conceptions. Comme tous les esprits limités qui ne savent reconnaître de limites que chez les autres, elle jugea que ses propres conceptions de la vie étaient vraiment très vastes, que les divergences de vues qui les séparaient l’un de l’autre marquaient les limites de l’horizon de Martin et rêva de l’aider à voir comme elle, d’agrandir son esprit à la mesure du sien.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Puis dans une second partie, alors qu’il a conquit le cœur de jeune fille, c’est désormais l’accord de ses parents pour l’épouser qu’il va devoir obtenir. À ce moment-là, il y a un tournant de l’histoire. Martin va maintenant se donner corps et âme à sa carrière d’écrivain. Son but initial étant de gagner suffisamment d’argent (c’est une notion qui revient très fréquemment, du début à la fin du roman, l’argent reste présent) pour offrir une vie confortable à Ruth. Son combat, c’est pour elle, comme va très joliment l’écrire Jack London.

En dépit des trésors de beauté qu’il avait en lui et de son désir éperdu de créer, c’était pour elle qu’il se battait. Il était un amoureux d’abord et avant tout ; il subordonnait tout le reste à l’amour.

Martin Eden (1909) – de Jack London

De mon point de vue, à l’instar de Walter White dans Breaking Bad, s’il est vrai que sa première motivation est sa famille, ou ici l’amour de Ruth, plus il va maitriser son sujet, plus il va vouloir le faire pour lui-même. Il aurait très bien pu prendre un emploi comme lui demandait sans arrêt sa bien-aimée et travailler ses textes dans ses moments de liberté, pourtant, il s’obstine à ne vouloir faire qu’écrire, quitte à se mettre dans une situation compliquée. Par ailleurs, Ruth ne comprend absolument pas la beauté de sa littérature. Elle n’aime pas ce qu’il écrit et ne le soutien pas. Il continue pourtant à écrire jour et nuit, et se confronter aux éditeurs, essuyer des refus encore et encore. Jusqu’au moment où la jeune femme décide de se séparer de lui. C’est la dégringolade pour Martin. Perdre Ruth est l’élément déclencheur de cette descente aux enfers, quoi qu’encore l’enfer lui aurait procuré plus d’émotions et de sensations que ce qu’il va vivre par la suite et jusqu’à la fin du roman. Il va tout de même la recroiser quand il aura enfin du succès…

Pourquoi n’avez-vous pas eu cette audace plus tôt ? demanda-t-il d’une voix dure. Quand j’étais sans travail ? Quand je mourais de faim ? Quand j’étais ce que je suis aujourd’hui, le même Martin Eden, le même homme, le même artiste ? Telle est la question que je ne cesse de me poser jour après jour – non seulement à votre sujet mais à propos de tout le monde.
[…]
Je crains que vous ne m’ayez pas comprit, dit-il avec douceur. Je veux dire ceci : si vous m’aimez, comment se fait-il que vous m’aimiez tellement plus qu’à l’époque où votre amour était suffisamment médiocre pour me renier ?
[…]
Ils demeurèrent silencieux pendant un long moment ; elle réfléchissait, au comble du désespoir ; lui songeait à son amour défunt. Il comprenait à présent qu’il ne l’avait jamais vraiment aimée. Il avait aimé une Ruth idéalisée, un être séraphique qu’il avait créé de toutes pièces, la muse lumineuse de ses poèmes d’amour. La vraie Ruth, la bourgeoise, avec tous les travers de sa classe, les petitesses désespérantes de l’esprit bourgeois, celle-là, il ne l’avait jamais aimée.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Je comprends ce que Martin veut dire par là, mais je pense aussi qu’il se trompe. L’amour est souvent comparé à un feu et j’ai acquis la certitude que c’est bien le cas, il se rapproche plus d’une forme de vie que d’un objet figé. Il naît, il grandit, et selon la façon dont on le cultive il évolue de différentes manières, parfois ou plutôt souvent, il meurt doucement. Pour moi, l’un comme l’autre se sont aimés. Ruth, a été élevée dans un climat privilégié et connu que ça. Ce devait être compliqué pour elle, qui vivait dans une bulle créée par ses parents, de se sortir de ces habitudes trop bien ancrée, d’accepter d’aimer quelqu’un issu de la classe ouvrière, et de se rebeller contre sa famille quitte à perdre ses privilèges. Je ne dis pas que c’est impossible, elle aurait pu le faire, et aurait même dû le faire. Mais finalement, c’est une jeune femme plutôt fragilisée d’avoir vécu dans ce monde aseptisé, j’ai presque de la peine pour elle, parce que je pense que ses sentiments sont vrais même si elle se laisse guider par sa famille. Quant à Martin, idéalisée ou non, il a aimé Ruth. Elle lui a ouvert une porte sur le monde, même si cette porte ressemblait plutôt à celle d’une bibliothèque. Elle lui a donné l’envie de se surpasser et un but ultime. Qu’est-ce que c’est, sinon de l’amour, quand épouser la personne devient un but ? Oui bon, en laissant de côté les gens qui ne sont là que pour l’appât du gain… Ce n’est pas le cas de Martin, il n’en avait pas après sa fortune, peut-être un peu son mode de vie (donc indirectement son argent haha) mais dire qu’il ne l’a jamais aimée, c’est, à mon avis complètement faux. S’il l’a aimée en l’idéalisant, elle n’en était pas moins elle-même à ce moment. Elle a toujours la Ruth bourgeoise et pourtant il l’aimait. Et voilà pour Ruth et Martin !

Parlons maintenant de Martin et Brissenden. C’est un homme qu’il a rencontré chez Ruth, cultivé et intelligent, qui est du même monde que sa bien-aimée. Il va se prendre d’affection pour lui, notamment parce qu’il va se rendre compte qu’à la différence des autres personnes qui font partie de la bourgeoisie, lui n’est pas simplement cultivé, il ne se contente pas de répéter bêtement les leçons apprises par ses professeurs. De plus, il va reconnaître le génie de Martin, lire et apprécier ses textes avant tout le monde. Par ailleurs, ils vont se rendre compte qu’ils sont d’accord sur le monde de l’édition dont ils disent « Voilà où réside l’épouvantable paradoxe : les portes d’entrée de la littérature sont gardées par des cerbères qui sont les ratés de la littérature. Les rédacteurs en chef, leurs adjoints et associés, pour la plupart, les lecteurs de manuscrits qui travaillent pour les revues et les maisons d’édition, pour la plupart ou presque tous, sont des gens qui ont voulu écrire et qui n’ont pas réussi. » Brissenden est convaincu que Martin ne peut pas réussir dans ce monde, mais à la différence de Ruth qui ne le trouve pas bon, lui, le pense trop brillant.

Je sais ce que vous écrivez. Je le devine les yeux fermés. Il y a un ingrédient qui vous ferme la porte des magazines : la tripe. Les magazines ne savent que faire de cet organe. Ce qu’ils veulent, c’est du pipi de chat, et ils en sont bien arrosés, mais pas par vous.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Il y a également tout une partie politique en rapport avec Brissenden. Je pense que je suis passée à côté d’une partie importante de l’histoire, parce que la politique ne m’intéresse absolument pas et que je ne la comprends pas plus dans le roman que dans le monde actuel. Pourtant la notion de « socialisme » est souvent utilisée, son ami lui dit « Vous voyez, j’aimerais vous voir devenir socialiste avant de disparaître. Cela donnera une justification à votre existence. C’est la seule chose qui vous sauvera de la désillusion qui vous guette » et c’est même à cause d’un journalisme qui a complètement inversé le discours politique de Martin qu’il finit par perdre Ruth (plus d’une fois dans les dîners en famille, le père de Ruth lui parle de politique et ils sont en désaccord, sa mère se servira même de ce sujet pour les pousser à se quereller à nouveau et éloigner sa précieuse fille de Martin). Je vois l’importance de cette partie, sans pour autant réussir à bien la comprendre. Cela dit, ce n’est pas tout ce que fait Brissenden. Non content d’être la première personne à apprécier ses œuvres et à lui offrir de quoi survivre, il le prévient également, que Ruth ne sera pas une femme idéale pour lui. Il lui conseille de choisir une femme de la classe ouvrière (Hello Lizzie !), et il a parfaitement raison dans ce roman.

J’ajoute qu’il est inutile d’essayer de m’étouffer, je dirai ce que j’ai à dire. Si je comprends bien, vous en êtes encore aux amours juvéniles ; mais, au nom de la Beauté, choisissez mieux la prochaine fois ! Bon dieu ! qu’avez-vous à faire d’une fille de la bourgeoisie ? Laissez-les donc tranquilles. Trouvez-vous une belle et ardente dévergondée, qui se moque de la vie, raille la mort et aime à satiété. De telles femmes existent, et elle vous aimeront autant que n’importe laquelle des plantes pusillanimes sorties des serres chaudes de la bourgeoisie.
– Pusillanimes ? protesta Martin.
– Absolument, pusillanimes. Qui dégoisent la petite morale dont on les a gavées et ont peur de vivre leur vie. Celles-ci vous aimeront, Martin, mais elles aimeront bien davantage leur petite morale. Ce qu’il vous faut, c’est l’abandon magnifique à la vie, la liberté des grandes âmes, les papillons aux couleurs flamboyantes et non les petites phalènes grises.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Pour terminer avec cette amitié… Après que Ruth ait quitté Martin, Brissenden décède. Je pense que c’est surtout la perte de son ami qui lui fait totalement perdre pied. Il n’est pas la seule personne à avoir été présent pour Martin, il y a Maria chez qui il logeait et qui plu d’une fois à privé ses enfants de nourriture pour en donner à l’homme qui lui louait une chambre, elle l’a veillé et soigné quand il est tombé malade, bref, Maria était un soutien. Il y a aussi Gertrude sa sœur, dans une moindre mesure, qui l’invitait aussi à manger quand son mari était absent, et lui donnait de l’argent, même si elle lui demandait de trouver un emploi. Cependant, Brissenden est le seul à lui avoir apporté un soutien dans le domaine de la littérature, qui rappelons-le est devenu au fil du temps, sa vraie raison de vivre. Et donc, j’en conclu que finalement, c’est la plus grosse claque que lui met la vie. Après ça, il a finalement du succès, de l’argent et se met à haïr la terre entière.

Je vous dirais que la lune est un fromage vert, que vous applaudiriez, ou du moins que vous n’oseriez pas me contredire, parce que je suis riche. Et je suis le même qu’alors, quand vous me rouliez dans la boue, sous vos pieds.

Martin Eden (1909) – de Jack London

Globalement, vous savez déjà tout sur Martin. Il rencontre Ruth, sous le charme il fait tout ce qu’il peut pour pouvoir s’intégrer dans son monde, puis se rend compte que ce monde n’est que de la poudre aux yeux mais reste amoureux de Ruth et du coup, il se lance dans une carrière littéraire en espérant devenir un écrivain connu pour pouvoir offrir une vie confortable à sa petite amoureuse et obtenir le consentement de ses parents pour l’épouser. Il rencontre en parallèle Brissenden qui va le conforter dans l’idée que le monde de l’édition et la bourgeoise sont deux choses ignobles dont il devrait se tenir loin. Il perd l’amour de Ruth, puis son ami décède. Bien sûr entre temps, Jack London nous raconte comment se fait cette ascension sociale, les efforts, les sacrifices, la faim, la fatigue… Jusqu’à ce qu’enfin il triomphe ! Mais la victoire a un goût amer et tout peut se résumer dans la phrase certainement la plus citée de ce roman « Ce n’est pas dans le succès d’une œuvre qu’on trouve sa joie, mais dans le fait de l’écrire. ».

Il se souvint des jours où il mourrait de faim, où personne ne l’invitait à dîner. C’était à ce moment-là qu’il avait besoin de repas, qu’il s’affaiblissait, manquait s’évanouir parce qu’il n’avait pas à manger, maigrissait parce qu’il criait famine. Étrange paradoxe. Quand il avait faim, personne ne le nourrissait, et maintenant qu’il pouvait s’offrir cent mille repas et perdait peu à peu l’appétit, on l’invitait de toutes parts. Où était la justice là-dedans, où était son mérite ? Il n’était pas différent d’alors. Il avait déjà fait tout son travail à l’époque.

Martin Eden (1909) – de Jack London

En se concentrant sur le personnage de Martin et en retraçant l’histoire, je vois un homme qui tombe amoureux évidemment, fait des efforts pour être aimé en retour et qui commence à rejeter ses origines, à détester la classe ouvrière, qui ne s’y sent plus à sa place lorsque ses connaissances le font se sentir supérieur à ces gens-là. Mais la tragédie c’est qu’il ne se sent pas plus à sa place parmi ceux qu’il admirait avant de se cultiver. Par-dessus le marché, il perd la femme qu’il aime, son but, sa raison de se battre et de vivre. Puis, pire encore, il perd son ami, la seule personne qui croyait en lui. C’est peut-être la véritable histoire d’amour de ce roman, sous la forme d’une amitié entre deux hommes. Ce sont deux personnes qui se voient, s’acceptent et s’admirent telles qu’elles sont. Il devrait être consolé par sa réussite littéraire, mais au contraire, il en veut aux gens de l’admirer une fois qu’il a eu du succès, alors qu’il estime être le même. Imaginez son état d’esprit à ce moment… Il n’a plus d’objectif, il ne sent plus à sa place nul part, il n’a plus l’amour (et je pense qu’il a très peur d’aimer à nouveau et s’en empêche), il n’a même plus la vraie amitié. Tout ce qu’il lui reste c’est de l’argent. Il est devenu apathique, il dort sans arrêt. Bref, il montre des signes évident de dépression. Et c’est là que je vais le admirer le personnage. Il va tenir toutes ses promesses. Rendre son argent au centuple à sa sœur, acheter une ferme laitière à Maria, une blanchisserie à Joe… Inconsciemment il règle toutes ses affaires avant d’embarquer sur un bateau, duquel il va se jeter.

Il montre la détermination à mourir que celle qu’il a eue pour vivre. Il combat l’instinct de survie. Et il triomphe à nouveau. C’est ça dernière victoire. Je vous laisse écouter ce passage lu par @clement.livres sur Instagram, que vous pouvez retrouver aussi sur Youtube.

Lecture de la scène de fin de Martin Eden (1909) de Jack London – Par @clement.livres

Pour finir, ce qui fait la beauté de ce roman, c’est l’évolution. Celle des personnages, de leurs sentiments, de leurs liens et relations. L’histoire en devient très réelle, très forte et très touchante. Ce n’est plus le bien contre le mal, il n’y a pas que des gentils et des méchants, le monde et les personnages ne sont pas figés. C’est une œuvre « humaine », je ne saurais pas dire si c’est le mot qui lui convient, mais c’est le mot que je souhaite lui attribuer.

Un petit mot pour Lizzie Connolly qui aime démesurément et inconditionnellement Martin Eden, mais ne va obtenir que son respect en retour de ses sentiments. Je ne comprends pas pourquoi il n’est pas en mesure de l’aimer, ni pourquoi il décide de la laisser sur le quai lorsqu’il embarque. Peut-être qu’elle aurait su rallumer la flamme avec toute la chaleur de son amour et ses couleurs flamboyantes de papillon. Par ailleurs, elle fait comme Martin finalement, elle accepte de prendre des cours pour devenir meilleure et pouvoir être aimée de cet homme qu’elle admire. Je suis triste pour ce personnage, je voulais vraiment parler d’elle avant de vous laisser !

Anecdote : Merci pour cette découverte mon futur auteur de best-seller. 🐺💖

Bonne lecture ! Signé C. 🐻

Pigpen – Kim carnby

Résumé : Le protagoniste se retrouve à la dérive sur une île inhabitée, où une mystérieuse famille apparaît devant lui.

Note personnelle : ★ ★ ★ ★ ☆

Avis : Je pensais n’avoir sélectionné que des mangas terminés, malheureusement celui-ci est encore en cours. Il y a 19 chapitres disponibles en ligne actuellement. D’ailleurs je parle de « manga » mais il s’agit d’un « manhwa » (bande dessinée coréenne).

J’aime énormément le design de Pigpen. Les couleurs ne sont pas très vives, souvent froides, excepté quand ils font ressortir des lumières (soleil, lune ou éclairages divers). Il est principalement fait en nuance de bleu-gris (il y a quand même de la couleur, j’exagère un peu) et teinté de rouge lorsqu’il s’agit d’un souvenir. Le design des personnages, notamment au niveau des expressions de leurs visages, mérite des félicitations également. Une autre petite anecdote visuelle que j’aime beaucoup, à un moment donné nous voyons un personnage avec des jumelles, par lesquelles nous voyons également. Lors des déplacements des jumelles d’un point à un autre, nous avons un flou sur le décor. Un détail qui donne déjà, beaucoup de mouvement et de vie aux dessins, et puis mince c’est stylé quand même !

Parlons de l’histoire. Un jeune homme se réveille sur une île suite à un accident. Il trouve une boite aux lettres (WTF ?!) puis en continuant son exploration, une maison qui semble habitée. Sans transition, il se réveille à nouveau mais dans une chambre. En sortant, il tombe sur une femme en train de nettoyer le sol. Rien d’exceptionnel (quoi que) jusqu’ici. La femme lui explique qu’ils l’ont trouvé dans le jardin, que c’est un hôtel.

Une fois à table, il rencontre le reste de la famille. Et quelle famille ! La mère bien que souriante semblait nettoyer du sang sur le sol, le père est un croyant (trop) strict, la fille aînée est une séductrice bipolaire, la cadette tue des animaux, et le grand frère semble complètement perdu dans son monde. En partageant leur repas, il s’inquiète de la provenance de la viande qui lui est servie. La famille lui assure qu’elle vient des porcs de leur élevage (personnellement, je la trouve très rouge et saignante pour du porc, mais peut-être que ça vient du dessin). Ils lui servent également un thé qui lui aussi est de couleur rouge, cette fois, l’aînée lui dit qu’il s’agit d’un thé à la cerise. N’étant pas totalement convaincu par les explications, le jeune homme va profiter que la maîtresse de maison accepte son aide en cuisine pour voler un couteau. Acte non sans conséquence, puisque celle-ci va ensuite le harceler pour le récupérer. Un autre détail dérange le héros, tous évitent la question lorsqu’il demande le nom de l’île. Ils lui garantissent également qu’il n’y a ni téléphone, ni ordinateur sur l’île.

Ensuite… Ensuite, je me suis un peu perdue. C’est le but de ce manhwa. C’est-à-dire qu’on ne sait pas qui est un allié, qui est un ennemi, qui ment, qu’est-ce qui est vrai ou faux. Bref. Nous croisons un homme qui semble être un employé, lui aussi à des comportements totalement différents d’un moment à l’autre. Il semble penser que la famille est composée de psychopathe mais leur obéit, et indique même au jeune homme qu’il faut impérativement leur être utile. Il lui confie qu’il a mangé de la viande humaine avant d’exploser de rire et lui dire que c’est une blague.

Romi la fille aînée n’est pas mieux, elle lui dit que ce n’est pas sa vraie famille, qu’elle veut quitter l’île et lui demande son aide. Il l’aide donc à s’échapper et elle revient après avoir fait du shoping, en lui offrant une bouteille de désherbant (qui par ailleurs est un puissant poison). Il trouve aussi des photos pixelisée avec un chiffre au dos, il trouve un téléphone et contacte des secours qui lui disent que sans le nom de l’île ils ne peuvent rien faire. Bref.

Il y a également une histoire avec un livre vierge, qui finalement ne semble plus l’être quand le fils lui lit un passage. Nous ne savons pas en somme. Est-ce que le héros est fou ? Est-ce qu’il y a vraiment un problème avec cette famille ? Qui sont vraiment ces gens ?

Je vous ai dit qu’il était amnésique ? Le héros ne sait pas pourquoi, ni comment, il est arrivé sur l’île. Un passage m’a offert une hypothèse que l’avenir confirmera peut-être. Nous voyons dans un restaurant, une télévision où sont diffusées informations qui parlent d’une star portée disparue (l’employé de l’île) et nous voyons également un jeune en mode DarkSasukeDu59. Je pense donc, qu’il est fort probable que notre héros soit une espèce de détective privé à la recherche de cette fameuse star, recherches qui l’auront conduit à proximité de l’île où malheureusement il a un accident, se retrouve amnésique et piégé.

J’attends la suite avec impatience… Je ne me suis pas informée sur les prochaines sorties. Je penserais sûrement à regarder au prochain Pumpkin Autumn Challenge. D’ici là, je vous conseille de commencer la lecture si vous vous sentez capable de supporter l’attente !

Lu dans le cadre du Pumpkin Autumn Challenge 2021, menu « Automne frissonnant », catégorie Double, double, toil and trouble (Sorcière, pièce de théâtre, prophétie, tragédie)

Bonne lecture ! Signé C.